Elle est assise sur cette chaise bancale, une tasse de café entre ses mains, un rayon de soleil caressant sa nuque.
La vapeur s'échappant de la tasse créait de fines gouttes sur son visage; les yeux clos elle pense.
Le moteur du réfrigérateur ronronne, les pas du voisin du dessus résonnent dans le plafond. Elle pense encore, ses mains parcourant le dessus de la table, ses doigts cherchant une rayure, une fissure sur laquelle s'attarder.
Elle se voit comme un fardeau. Une gorgée amère, un soupir, une gorgée amère, un sourire. Elle se lève, chancelant légèrement pour allumer la radio. Une partie de basse entraînante retentit dans la pièce provoquant des frissons en bas de son dos. Elle pense, laissant apparaître un léger froncement de sourcils, puis délaisse, abandonne pour se diriger vers son reflet. Une inconnue lui fait face. Elle scrute ce visage qu'elle sait familier mais elle essaie, juste comme ça. Khôl débordant, lèvres gercées, joues rosées, cheveux électrisés, yeux perçants. Elle prend conscience de ce corps, cette machine qui lui permet d'exister, d'influer sur le monde, les autres, le destin. Fascinée, un peu apeurée.
Par où commencer?
Elle a en elle un trésor qu'elle ne peut partager faute d'ouverture.
Mais elle pense:
Amo ergo sum
J'aime donc je suis.